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La Serre à projets lance son appel à candidatures !

Kèpos anime, en coopération avec France Active Lorraine, le dispositif de la Serre à projets. Celui-ci lance le 20 janvier 2020 un appel à candidatures afin d’accompagner sur le sud de la Meurthe-et-Moselle la création de nouvelles activités engagées dans la transition écologique.

Qu’est-ce que la Serre à projets ?

La transition écologique est un enjeu majeur pour nous tous ! Ensemble, il nous faut œuvrer à un changement très profond de nos modes de vie vers la sobriété et la durabilité. Pour cela, il est essentiel de faire preuve d’imagination pour créer et développer de nouvelles activités qui permettent au territoire d’opérer sa transition. C’est ce que propose la Serre à projets !

Ce dispositif, animé par France Active Lorraine et la SCIC Kèpos, vise à repérer des besoins non satisfaits sur le territoire, à imaginer des solutions pour y répondre, à étudier l’opportunité et la faisabilité des projets qui en sont issus, et à les transmettre à des porteurs de projets de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).

Il s’agit donc bien d’une méthodologie d’entrepreneuriat inversé, où l’on part des besoins du territoire, et non pas des porteurs de projets ! Particularité unique en France de cet outil de développement territorial : il est thématisé sur la transition écologique !

Comment travaille la Serre à projets ?

L’action de la Serre à projets se déroule en 5 étapes, renouvelées chaque année :

  1. Détecter des besoins sociaux et des opportunités socio-économiques via un réseau de capteurs d’idées.
  2. Inventer des réponses collectivement, et valider leur pertinence et leur viabilité grâce à une étude d’opportunité.
  3. Transmettre le projet à un entrepreneur qualifié ou à une entreprise sociale existante via un appel à candidatures.
  4. Accompagner les porteurs de projets jusqu’à la création de l’entreprise sociale, après validation des projets grâce à une étude de faisabilité.
  5. Lancer la nouvelle activité.

Bénéfices de la Serre à projets pour les porteurs sélectionnés

La Serre à projets propose aux lauréats de l’appel à candidatures :

  • La réalisation en cotraitance de l’étude de faisabilité technico-économique du projet.
  • Le suivi du projet par l’ensemble des partenaires publics, parapublics et privés de la Serre à projets.
  • Un ensemble de formations et d’ateliers pour les porteurs de projets.
  • Un accompagnement jusqu’à la concrétisation du projet.
  • Une mise en valeur mutualisée.

Les lauréats signeront une charte d’accompagnement qui précisera les modalités de l’engagement de chacun.

A qui s’adresse cet appel à porteurs de projets ?

Les porteurs de projets peuvent être de trois types :

  • Un ou plusieurs particuliers qui souhaitent s’engager dans un projet entrepreneurial. Les candidatures peuvent être émises par une personne seule ou par un collectif informel.
  • Une association existante.
  • Une entreprise sociale existante. Par entreprise sociale, on entend une entreprise s’inscrivant dans le champs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) ou dont les activités sont porteuses d’un impact social et environnemental positif pour le territoire.

Les porteurs de projets peuvent ne pas être encore implantés sur le territoire du Sud Meurthe-et-Moselle. En revanche, leur projet doit nécessairement y être principalement localisé.

Sur quel territoire doivent se trouver les projets soutenus ?

La Serre à projets déploie son action sur le Sud de Meurthe-et-Moselle : la Métropole nancéienne, et les trois bassins de vie de Pont-à-Mousson, Toul et Lunéville. Les projets sélectionnés devront nécessairement y être localisés sous la forme d’un établissement. Les projets qui seront capables de se déployer directement à cette échelle seront valorisés. Les projets permettant de créer des synergies entre ces différents bassins seront évalués positivement.

Quels sont les projets sur lesquels se positionner ?

Sept idées ont été retenues dans le cadre d’un processus d’étude des besoins du territoire en matière de transition écologique. Il est recherché des porteurs de projets sur chacune de ces sept idées. Des études d’opportunité, disponibles sur le site de la Serre à projets, ont été réalisées pour chacune d’entre elles. Il est nécessaire de s’y référer avant de déposer toute candidature.

Ces sept idées sont les suivantes :

  • Un tiers Lieu de la transition écologique.
  • Une conserverie locale.
  • Une cantine solidaire.
  • Un dispositif de sensibilisation à l’alimentation responsable.
  • Une recyclerie.
  • Une trucothèque.
  • Un service de consigne du verre

Les variantes sont autorisées, et il est possible de ne se référer qu’à tout ou partie des éléments de l’étude d’opportunité. Les réponses collectives, montées par plusieurs acteurs, sont encouragées. De même, les articulations qui pourront être trouvées entre les différentes idées seront valorisées positivement. Enfin, la Serre à projets peut, à titre exceptionnel, accompagner un ou plusieurs projets qui ne seraient pas issus du processus d’idéation précédemment décrit. Il vous est donc possible de répondre avec votre propre projet !

Modalités pratiques

L’appel à candidatures est lancé le lundi 20 janvier 2020 et se clôture le dimanche 15 mars 2020 à minuit. Un afterwork est prévu le jeudi 13 février afin que les porteurs de projets intéressés puissent se rencontrer et poser toutes leurs questions aux animateurs du dispositif.

A vous de jouer !

Revue de projets #14 : Etre éco lié

Ce samedi 11 janvier 2020 se tient à Xirocourt la journée Portes Ouvertes d’Etre éco lié. Rencontre avec Pierre-Antoine Phulpin, un des fondateurs de ce tiers lieu au pied de la colline de Sion !

Qui êtes-vous ?

J’ai trente-quatre ans. Je suis né à Nancy, j’ai grandi en région parisienne, en Côte d’Ivoire et au Gabon, en gardant à l’esprit mes racines lorraines dans le Saintois où j’ai toujours passé mes vacances. Un peu plus tard, j’ai rejoint Epinal pour un diplôme d’ingénieur ENSTIB (technologies et industries du bois) qui m’a amené à exercer pendant trois ans comme cadre de production dans le domaine du bâtiment agricole en bois du côté de la Normandie puis de la Loire. Ces expériences professionnelles ne m’ayant pas pleinement satisfait, c’est après trois mois de marche du Puy-en-Velay à Compostelle que je décide de créer I Wood, une menuiserie participative, dans le village familial de Xirocourt. Depuis, j’explore les approches coopératives, les logiques de commun, avec une fibre particulière pour l’activation par le faire.

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser à la question des tiers lieux ?

Entreprendre à la campagne peut facilement déboucher sur de l’isolement. C’est ce qui m’est arrivé et j’ai rapidement eu besoin de retrouver du contact, de développer mon réseau professionnel. A l’époque, c’était l’émergence du coworking, avec un espace à Nancy, la Poudrière, qui m’a permis de me familiariser avec ces logiques de travail et de partage d’espace. C’était aussi l’occasion de faire le parallèle avec ce qui se passait à l’atelier, en particulier la mise en œuvre de l’apprentissage par le faire, développée dans les fablabs.

Une fois ces différents éléments mis en relation, a savoir bureaux et ateliers partagés, vous arrivez très vite au concept des tiers-lieu que j’ai plaisir à explorer ici et ailleurs depuis. Je retiens deux éléments essentiels : l’agilité dans la définition des besoins ou des réponses apportées, et la plus-value du faire ensemble, d’où naît toujours des idées et des concrétisations insoupçonnées.

Qu’est-ce que Etre éco lié ?

Etre éco lié est une association issue de la rencontre entre deux acteurs spécialistes de l’habitat léger et de l’animation de chantiers participatifs, I Wood et Vit Tel Ta Nature, qui partagent leurs locaux depuis le printemps 2019. A l’instar d’autres bâtiments publics désormais inoccupés à la campagne, nous sommes installés dans l’ancienne école du village de Xirocourt. Nous contribuons ainsi à la pérennité de ce bien public en l’entretenant et en l’aménageant.

Nous souhaitons faire de ce lieu une « fabrique de territoire » spécialisée sur les questions de l’habitat léger et des basses technologies (ou low-tech), autrement dit un espace de fabrication donnant la capacité aux individus et acteurs du territoire de penser et mettre en œuvre des solutions autour de ces thématiques. Cette fabrique a vocation à rapprocher initiatives privées, publiques et professionnelles sur des temps ou évènements particuliers. Nous imaginons des résidences d’artisans ou artistes dès le printemps de cette année, de même que des chantiers ouverts au public pour l’aménagement du lieu.

Que représente le fait de se trouver en zone rurale pour un tiers lieu comme Etre éco lié ?

A certains égards, c’est une forme d’engagement. Le constat étant que l’essentiel des investissements ou de l’attention des élus sont portés vers les agglomérations, au détriment des territoires isolés. Je crois que le plus pénalisant pour nous est le sujet des transports publics.

A d’autres égards, c’est une réelle opportunité. Il y a beaucoup de surface disponible pour des prix très inférieurs à ceux que l’on trouve en ville. Il y a également beaucoup de matériaux ou de matériel facilement mobilisables et une culture de la débrouille, du faire soi-même, de la coopération typique de la campagne. L’enjeu serait de rapprocher des jeunes à la recherche de savoir-faire, et des anciens isolés ayant l’envie de partager les leurs. Les lieux de rencontre ont presque disparu et il y a une réelle attente pour des alternatives, autant concernant les locaux que les citadins en recherche d’un bol d’air frais.

Vous travaillez notamment sur la question de l’habitat nomade. Quel est l’intérêt de telles installations ?

On pourrait aussi parler d’habitat réversible, ou léger, ou minimaliste, et même insolite. Concrètement chez nous, ça se traduit par des cabanes enterrées ou dans les arbres chez Vit Tel Ta Nature, et des yourtes ou charpentes légères chez I Wood. Avec Etre éco lié, nous souhaitons développer le concept d’habitat minimaliste autonome et réversible, avec deux terrains d’expérimentation, l’un sur le parc à cabane de Vittel, l’autre sur le Verger de Vincent, un verger partagé à Xirocourt autour de l’abondance vivrière.

Il y a différents intérêts à ces installations. Le premier est qu’elles sont réversibles, c’est dire qu’elle ne dégradent pas le terrain sur lesquelles elles sont implantées. On peut les retirer sans laisser de traces. Le second est justement qu’elles sont mobiles. C’est une excellente façon de répondre à la contrainte de l’habitat lorsque l’on est de passage, de quelques mois à quelques années, de même que pour un projet d’habitation pérenne où l’habitation légère va permettre d’occuper tout de suite et confortablement l’espace et d’engager les travaux sereinement. Nous privilégions des techniques appropriables par tous, plutôt avec les matériaux naturels ou de réemploi disponibles, pour faciliter la construction et l’entretien. Et sans que ce soit au détriment du confort ou de la durabilité, bien au contraire !

Quelles sont les perspectives à venir pour vous et Etre éco lié ?

Dès ce samedi 11 janvier 2020, à partir de 10h30, les portes ouvertes du tiers lieu au 22 rue du Commandant Dussaulx à Xirocourt. De mon côté, je vais basculer mes activités professionnelles sur des sociétés coopératives, dont Kepos pour des prestations de service, et Vit Tel Ta Nature pour la construction. Une part de mon temps sera consacré au local, notamment avec le développement d’Etre éco lié, une autre à des déplacements sur des projets d’occupation temporaire qui m’apportent toujours une bonne dose d’inspiration.

Pour Etre éco lié, nous rencontrons sur le Saintois et alentours depuis novembre les futurs partenaires et contributeurs du tiers lieu. Nous souhaitons monter d’ici au mois de juin un projet solidement ancré sur le territoire en vue d’une labellisation nationale « Fabrique de territoire » qui nous doterait de moyens non négligeables pour l’activation de ce lieu.

A partir du mois de mars, nous proposerons différents chantiers participatifs. Il y aura une première tranche d’aménagement des locaux, la fabrication d’un zome (une structure énergétique), et celle d’un « village nomade ». Ces chantiers sont un support pour fédérer une communauté autour du lieu, partager des savoirs faire, faire la démonstration des possibilités associées à une fabrique de territoire.

Merci et bon vent !

Réorienter notre attention

L’actualité a parfois de curieux échos historiques. Ainsi en est-il de l’assassinat du Général iranien Qassem Soleimani, qui n’est pas sans faire penser, toutes choses égales par ailleurs, à l’attentat de Sarajevo, qui déclencha la Première Guerre Mondiale. Il est inutile de chercher à élaborer des scénarios géopolitiques quand on n’en a pas l’expertise et la compétence, mais notons là qu’il pourrait s’agir de ce que Nassim Nicholas Taleb appelle, dans son ouvrage du même nom, un Cygne noir. À savoir un événement imprévisible à l’impact incalculable.

Par la structure de notre savoir, nous sommes habitués à penser les choses en termes de régularités, de moyennes, de structures causales simples. Or, si l’on regarde ce qui a vraiment un impact dans l’histoire, ce sont véritablement les événements peu probables, rares, que personne n’a anticipés. En d’autres termes, l’histoire est jalonné d’événements qui ont bouleversé les choses sans que nous ayons été outillés pour les voir venir. Ainsi en est-il par exemple du 11 septembre, de la crise de 2008, ou du réchauffement climatique, qui est un mécanisme qui s’est mis en place avec la révolution industrielle, avant que nous en ayons l’intelligence. Et sans doute est-ce le cas de l’attentat de Sarajevo ou de l’élimination de ce Général iranien.

Que faut-il en tirer comme conclusion ? Qu’il faut réorienter notre attention et notre énergie. Les questions qui nous sont posées actuellement ne concernent assurément pas, par exemple, les modalités de gestion de nos régimes de retraite. Mais elles concernent à coup sûr la stabilité géopolitique du monde et la stabilité géochimique et biologique de la Terre. Quand tous nous passons une énergie hors de propos sur la question des retraites, nous nous payons de mots, nous ne voyons pas les cygnes noirs qui entrent en scène. Or ceux-ci sont potentiellement d’un impact considérable. Songeons aux conséquences qu’auraient pour un pays comme la France une déstabilisation généralisée de tout le Moyen-Orient, de l’Iran jusqu’à l’Afrique du Nord. Assurément, ce serait toutes les dimensions de vie politique, militaire, sociale et économique du pays qui s’en trouveraient bouleversées. Plus globalement, il nous faut penser une géopolitique de la transition écologique.

La situation australienne donne à voir le même décalage, la même dissonance cognitive, entre des Australiens en vacances sur des plages de sable fin, et la réalité des bouleversements écosystèmiques que le réchauffement climatique a déclenché, sous forme d’incendies, dans le Sud-Est du pays. « Veiller pour ne pas être surpris » dit l’Evangile (Matthieu 24, 37-44). Une invitation à méditer, pour ne pas se retrouver tels des retraités en slip de bain, au moment où le monde moderne bascule.

Kèpos lance une offre d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique

La question de l’éducation et de la sensibilisation est au cœur des enjeux de la transition écologique. Celle-ci ne concerne pas seulement les enfants, mais toute personne, dans sa vie personnelle et professionnelle, à tout âge de la vie. Le discours sur la crise écologique est prégnant dans les médias, mais force est de constater qu’il n’engendre pas nécessairement une volonté de changement, et ce tant à l’échelle individuelle que collective. Pour aller plus loin, il est nécessaire que les questions écologiques ne restent pas en surface, mais soient capables de mettre en route tout un chacun en conscience. Car ensemble, il nous tout changer, et complètement. La capacité à être mû en profondeur est donc essentielle.

C’est dans cette esprit que Kèpos et ses membres ont conçu une offre partagée d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique. Celle-ci s’adresse aux acteurs de l’éducation (nationale ou populaire), aux collectivités, aux organisateurs d’événements, aux entreprises, ou encore aux structures de l’action sociale. Chacun pourra y trouver des propositions d’ateliers d’une heure trente, une demi-journée ou une journée, adaptées à tous les contextes.

Découvrir le monde pour mieux le protéger, se former pour peu à peu changer ses modes de vie, créer et s’émerveiller pour faire surgir la poésie : autant de possibilités offertes par les ateliers que propose ce répertoire, tous animés par des professionnels. Tout un chacun (enfant, adulte, professionnel, personne en situation de fragilité) pourra ainsi découvrir le fonctionnement d’un sol, la vie d’un potager, le travail de la laine ou du bois, ou encore les clés d’une alimentation responsable. Ou comment se mettre en route par une autre relation au monde !

Quels que soient vos besoins, les membres de Kèpos seront heureux de mettre à votre disposition leurs compétences et leur enthousiasme, au service de la formation de tous.

Téléchargez ici l’offre partagée d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique de Kèpos !

Illustration : Caroline Antoine, tous droits réservés

Quelle feuille de route pour l’université à l’heure de la transition écologique ?

La présente contribution est proposée par Kèpos et ses membres dans le cadre de la consultation « On s’engage » lancée par l’Université de Lorraine. Celle-ci demandait à la communauté universitaire et à la société civile des idées sur la transition écologique de l’établissement. Cette article s’interroge sur ce que devraient être les missions d’une université à l’heure de l’anthropocène. Dans ce cadre, devenir une université en transition, c’est d’abord intégrer les enjeux écologiques dans les grandes missions de l’université, à savoir la recherche, l’enseignement, et l’innovation

Questionner l’activité de recherche

L’anthropocène est le grand événement de la modernité, qui met en cause à court terme l’existence de l’espèce humaine. Mais l’université l’a-t-elle intégrée dans ses stratégies de recherche ? On pourrait donc proposer qu’une première étape soit de questionner, à travers une analyse bibliométrique, quelle la place des enjeux écologiques au sens large dans les activités de recherche de l’université. La deuxième étape serait alors de mettre l’anthropocène à l’agenda de toutes les activités de recherche de l’université, et cela à l’échelle individuelle, à l’échelle du laboratoire, et à l’échelle de l’établissement. Enfin, la dernière étape se situera dans le dialogue des savoirs, à travers la question de la cohérence écologique globale : quels sont les effets de résonance de la crise écologique entre les différents champs disciplinaires ? Et comment l’action humaine pourrait concevoir et mettre en œuvre des stratégies politiques, économiques ou techniques qui soient cohérentes et pertinentes dans l’ensemble des dimensions du problème écologique ? Voilà un agenda de recherche global capable de donner une feuille de route à l’ensemble d’une communauté universitaire.

Réorienter l’enseignement à l’université

Le monde dans lequel les étudiants d’aujourd’hui vont évoluer n’aura rien à voir avec celui dans lequel ont grandi leurs enseignants. Dès lors, il est clair qu’il faut les y préparer. Or, on le sait, les politiques climatiques ne sont pas des politiques sectorielles : elles sont transversales à tous les domaines. Il en va de même pour l’enseignement : l’enseignement de la crise écologique n’est pas un enseignement de nature essentiellement disciplinaire. Dès lors, il est nécessaire :

  • Que tous les étudiants aient a minima un module de formation par cycle sur l’anthropocène et ses implications.
  • Que l’ensemble des maquettes et des enseignements soient questionnés à l’aune de ce qu’ils signifient vraiment dans un monde potentiellement à + 4° C à la fin du siècle.
  • Que des formations expertes de ces sujets soient construites (c’est déjà le cas), et surtout entrent en dialogue entre elles.
  • Que la formation continue prenne ces sujets à bras le corps, pour construire une offre qui forme les managers et les ingénieurs de la transition écologique dont nos entreprises et nos territoires ont besoin.

Ces questions soulèvent également la question de la formation des enseignants-chercheurs et des personnels BIATSS à ces enjeux : il serait très dommageable que l’ignorance se loge, en la matière, chez les personnes-mêmes qui sont en charge de la combattre.

Questionner le soutien à l’innovation

L’université a un rôle essentiel dans la vie économique, via le transfert de technologie, la création de spin off universitaires, ou la recherche collaborative. Or, ces actions sont-elles toujours cohérentes avec les enjeux écologiques au sens large ? Dès lors, nous proposons que toutes les activités liées à l’innovation mentionnées ci-dessus soient, avant tout décision de soutien, passées au crible de savoir si elles sont compatibles avec l’objectif de la neutralité carbone en 2050 (objectif inscrit dans la loi). Et pour être tout à fait cohérent, si ce n’est pas le cas, elles ne doivent pas être soutenues.

Verdir les process

Enfin, il conviendra de verdir tous les process. Quelques exemples peuvent être donnés :

  • Réduire drastiquement l’usage de l’avion et compenser l’intégralité des déplacements faits par ce biais par les enseignants-chercheurs. Cela pourra être fait en attribuant à chaque chercheur un budget carbone annuel à ne pas dépasser, en diminution d’année en année bien sûr.
  • Ne plus rembourser les indemnités kilométriques et ne plus donner accès à un véhicule de service pour les déplacements pour lesquels une alternative crédible de transport en commun existe.
  • Avoir une politique volontariste d’isolation de tous les bâtiments universitaires.
  • Servir des produits Bio et locaux dans les restaurants universitaires et les buffets achetées auprès de traiteurs.
  • Se poser la question de l’éco-conception des systèmes informatiques utilisés.

Un dernier mot sur la vie étudiante : les étudiants ont un rôle essentiel à jouer dans ces processus. Soutenir activement leurs initiatives en la matière est une nécessité. Sans bien sûr leur faire croire que la transition écologique d’une université est d’abord le fait de leurs éco-gestes, ce que parfois leur établissement veut leur faire croire.