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Revue de projets #17 : l’industrie en transition avec Holimaker

Aurélien Stoky est le créateur de la société Holimaker, mambre de Kèpos, qui propose des micro-solutions industrielles de revalorisation de la matière. Une offre tout à fait pertinente pour œuvrer à la transition dans l’industrie !

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Aurélien Stoky, j’ai 28 ans, je suis le dirigeant de l’entreprise HoliMaker. Je pense me définir comme un rêveur pragmatique. J’ai toujours plein d’idées dans la tête qui partent dans tous les sens, mais j’arrive néanmoins à me canaliser, prendre du recul et passer à l’action pour que ces idées deviennent réalités. Je suis un grand adepte du « pourquoi pas » : essayer des solutions qui semblent impossibles, prendre des décisions en conséquence et repousser les limites. Enfant et adulte à la fois, j’aime beaucoup rire, je suis très curieux et je suis un grand fan de l’émission « C’est pas Sorcier ».

Quel est votre parcours : comment en êtes-vous arrivé à créer HoliMaker ?

J’ai toujours été fasciné par le travail des matériaux. Etant petit, je démontais tous les objets autour de moi pour comprendre comment ils fonctionnaient, comment ils avaient été fabriqués (et je ne savais pas toujours les remonter). J’ai désiré allier mes études avec le travail manuel en réalisant un BAC STI en Génie des Matériaux au lycée Loritz à Nancy. Ces 2 années m’ont permis de découvrir la céramique, la fonderie, les composites, mais également l’injection plastique. Suite à ce diplôme, je souhaitais travailler car j’avais quelques difficultés à me concentrer sur la théorie scolaire. Je rêvais de devenir « soudeur ». J’ai donc décidé de réaliser un BTS en Chaudronnerie par alternance au CFAI de Maxéville (54) ainsi que dans l’entreprise Fives Cryo à Golbey (88). Ayant la soif d’apprendre d’avantage la fabrication des objets, j’ai poursuivi mon alternance dans cette entreprise en réalisant un diplôme d’Ingénierie de la Conception de l’Ecole des Mines de Nancy à l’InSIC de Saint-Dié-des-Vosges (88). L’alternance a été pour moi une réelle opportunité qui m’a permis de travailler sur des sujets passionnants. J’ai ensuite continué l’aventure chez Fives Cryo en tant qu’ingénieur dans le bureau d’étude.

En 2016, j’ai commencé à m’intéresser à la permaculture, à la relation possible des éléments dans un écosystème, et j’ai passé un diplôme en design de milieu permaculturel en parallèle de mon travail. J’ai eu à ce moment l’idée de développer un « parc d’expérimentation » en permaculture que j’ai présenté devant la Chambre d’Agriculture. J’ai failli passer un BP REA (Responsable d’Exploitation Agricole) jusqu’au moment où je me suis rendu compte que je pouvais apporter plus efficacement ma pierre à l’édifice grâce à un domaine qui me passionne : le travail des matériaux.

Parmi les matériaux, vous vous intéressez plus spécifiquement au plastique. Pourquoi ?

La matière plastique est pour moi une matière formidable : l’alliance entre la légèreté, la résistance mécanique et chimique, et modelable à la forme souhaitée. Cependant, cette matière provient en grande partie d’une ressource fossile qui est le pétrole, qui met plus de 60 millions d’année pour être fabriquée par notre planète (nous consommons aujourd’hui une ressource qui date de la disparition des dinosaures !) et qui est au centre de certaines guerres. En parallèle, la France à elle seule produit chaque année plus de 3,7 millions de tonnes de déchets plastiques qui ne sont pas recyclés, cela représente à peu près 3 fois la taille de la pyramide de Khéops en ressources non valorisées !

Mais pourquoi cette matière n’est-elle pas plus recyclée ?

Le plastique est actuellement peu recyclé pour de nombreuses raisons comme les coûts de transport des déchets, la difficulté de gérer des milliers de gisements différents, l’apport énergétique intéressant lié à sa combustion,… Une autre de ces raisons est la méconnaissance du fonctionnement de la transformation de cette matière, qui est difficile à appréhender, et donc difficile à réaliser localement : 10 000 fois plus visqueuse que l’eau, il ne suffit pas de la verser pour fabriquer un nouvel objet ! Suite à ce constat, j’ai décidé de fabriquer une machine pour sensibiliser au recyclage de la matière plastique et montrer que l’économie circulaire est possible. J’ai ainsi quitté mon emploi dans cette entreprise qui m’a accompagné durant 7ans en août 2016 afin de me consacrer à plein temps à HoliPress : une presse à injection plastique manuelle.

Pouvez-vous nous présenter HoliPress ? Quel est son intérêt ?

HoliPress est un appareil qui fond la matière plastique et l’injecte dans un moule grâce à la force manuelle. Elle permet de prototyper et de produire en petites séries des pièces de qualité industrielle dans de nombreux domaines :

  • Ingénierie et design de produit (mécanique, horlogerie, automobile, électronique,…)
  • Santé et industrie pharmaceutique
  • Communication
  • Education et formation

HoliPress combine la productivité et la qualité de l’injection plastique industrielle avec la flexibilité de l’impression 3D. Très simple à utiliser, elle permet de passer rapidement de l’idée à l’action tout en revalorisant la matière plastique usagée.

Comment définiriez-vous le métier d’HoliMaker ?

Tout d’abord, HoliMaker vient de « Holi », la vision holistique de notre environnement, l’interdépendance des éléments, la diversité des matières autour de nous. « Maker », c’est le mouvement du « Faire », du passage à l’action, de la fabrication. HoliMaker est une entreprise implantée dans le tiers-lieux Bliiida à Metz et accompagnée par l’incubateur régional The Pool. Chez HoliMaker, nous développons et commercialisons des solutions de micro-industrie permettant de revaloriser différents types de matières. Une de ces premières matières est le plastique via notre solution : HoliPress. Nous proposons également l’animation d’ateliers concernant la revalorisation des matériaux.

Comment voyez-vous les enjeux industriels liés à la transition écologique et aux conséquences de l’épidémie de Covid-19 ?

Selon moi, les enjeux de la transition écologique passent par plusieurs étapes :

  • Réduire notre consommation en ayant des produits de qualité (contrer l’obsolescence programmée)
  • Réduire notre consommation d’énergie en optimisant nos processus industriels
  • Fabriquer localement pour limiter les transports
  • Réutiliser les matières qui sont sur nos territoires

Avec HoliMaker, nous souhaitons répondre à ces enjeux en proposant des machines robustes, éco-conçues, optimisées énergétiquement grâce à un bureau d’étude spécialisé, et permettant de revaloriser les matières (notre broyeuse manuelle permet de broyer la matière plastique pour l’insérer dans HoliPress).

Concernant l’épidémie de Covid-19 qui sévit actuellement, je pense qu’il est important d’être unis, mais agiles également, en relocalisant au maximum nos productions mais également nos développements. Cela est possible via la multiplication de micro-unités industrielles afin d’être plus résilient et gagner en réactivité.

Je crois que nous pouvons tous être acteurs face à la transition écologique mais également face à cette épidémie. Nous devons construire ensemble le « après » mais aussi le « pendant ». Cela s’est d’ailleurs démontré depuis ces dernières semaines où des « makers » fabriquent des masques, des visières de protection et d’autres accessoires aux quatre coins du monde pour lutter contre la propagation du virus.

Merci !

Journal de bord de Kèpos #4 : retour sur l’année 2019

Alors que l’épidémie de Covid-19 marque à coup sûr un tournant pour tous les acteurs économiques, nous vous proposons un retour sur l’année 2019 à travers ces quelques extraits du rapport annuel de la SCIC Kèpos. L’occasion de relire notre histoire récente pour mieux nous projeter.

Rappel du contexte

Au début de l’année 2019, Kèpos était une association réunissant une douzaine de jeunes entreprises de la région nancéienne engagées dans la transition écologique. L’agenda de la structure était alors le suivant : se transformer en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) dans le courant de l’année 2019, au service de sa mission initiale : œuvrer à la transition écologique des entreprises et des territoires. Cette mission se fait aujourd’hui à travers l’animation du collectif des membres du projet, et par le portage d’une offre de conseil et de formation à destination d’entreprises plus mâtures, afin d’initier avec elles de nouvelles feuilles de route stratégiques au service de leur transition écologique et solidaire.

Notre ambition en 2019 était d’être repéré comme un acteur clé de la transition écologique de la région nancéienne. Sa réalisation devait permettre une transformation de l’association en SCIC dans les meilleures conditions. Le but en particulier était que la structure puisse être correctement financée, et bénéficier d’un premier flux de clientèle dès son lancement. Cela a passé par la réalisation d’un site Internet dédié au projet. En outre, Kèpos était très attaché à être perçu comme un outil de développement local thématisé sur la transition écologique, à la disposition du territoire et ses acteurs, qu’ils soient privés ou publics.

Etapes franchies par Kèpos en 2019

Le chemin parcouru par l’association Kèpos a été considérable. Le chantier le plus important était la transformation de l’association en SCIC Société par Actions Simplifiée (SAS) à capital variable. Celle-ci a été décidée en assemblée générale du 27 août 2019. A sa création, la SCIC comptait 44 associés, pour 43900 € de capital. Trois contrats de travail étaient signés dans la foulée, pour 1,4 Equivalents Temps Plein. Dans la foulée, le capital s’est vu consolidé par l’octroi d’une bourse de 7500 € de la Région Grand Est, et une prise de participation de 6000 € du Département de Meurthe-et-Moselle dans la SCIC. Cette opération est la première du genre sur le territoire. La Métropole du Grand Nancy a également été sollicitée sur ce point, et le dossier est toujours en cours à l’heure actuelle. Enfin, des entreprises phares du paysages local de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) de la région nancéienne ont été approchées, et certaines d’entre elles ont ou vont prendre des parts dans le projet (tel par exemple Envie Lorraine, entreprise d’insertion spécialisé dans le recyclage d’électroménager).

Le deuxième chantier était celui de la consolidation du groupe d’entreprises membres. En un an, le nombre de celles-ci a quasiment doublé : aujourd’hui, ce sont presque 20 structures qui sont réunies dans Kèpos, dans des métiers aussi divers que l’alimentation, la mobilité, la construction, le commerce, l’économie circulaire, le conseil, l’informatique, l’éducation, etc. Dans le même temps, la cohésion du groupe a considérablement augmenté : il se réunit tous les mois pour échanger, travailler ensemble et se former, notamment en invitant des universitaires ou des responsables économiques et territoriaux à parler sur des questions clés de la transition écologique. Aujourd’hui, les échanges de biens, de services ou d’informations au sein du groupe sont courants. Pour aller plus loin, Kèpos a obtenu un financement de la Métropole du Grand Nancy pour construire des offres partagées, communes à l’ensemble de ses membres. Par exemple, les professionnels de Kèpos ont conjugué leurs compétences pour créer une offre de sensibilisation à la transition écologique, qui est en train d’être portée auprès des collectivités, des structures d’éducation populaire, des entreprises, etc. Enfin, la consolidation du groupe a été concomitante de la montée en puissance de chaque membre. Chez chacun d’entre eux, des emplois ont pu être créées, des appels d’offres remportés, des financement décrochés, ou des initiatives mises en valeur dans la presse nationale. Cette émulation est très positive pour tous, pris individuellement ou collectivement.

Le troisième chantier avait trait au financement et au lancement d’un dispositif d’incubation, afin de créer de nouvelles activités en lien avec la transition écologique sur le territoire nancéien. Cela s’est fait à travers la création de « la Serre à projets ». Celle-ci est née de la réponse, par Kèpos et France Active Lorraine, à un appel à projets de la Région Grand Est en janvier 2019. Cette appel à projets a été gagné en mai 2019, avec à la clé un financement de 35000 euros par an pendant trois ans pour les deux structures confondues. Peu à peu, le Département de Meurthe-et-Moselle, la Métropole du Grand Nancy, la Ville de Nancy, le groupe AG2R la Mondiale et le Crédit Agricole ont rejoint le tour de table, permettant d’atteindre un budget annuel global proche de 80000 €. La mission de ce dispositif est de repérer sur le territoire des besoins non satisfaits, d’imaginer collectivement des solutions pour y répondre, d’étudier la faisabilité de tels projets, puis de les confier à des porteurs de projets issus de l’Economie Sociale et Solidaire. Cet outil, qui appartiendra bientôt à un réseau national connu sous le nom de « Fabrique à Initiatives », est le seul du genre en France à être thématisé sur la transition écologique et solidaire. A ce jour, ce sont sept idées qui sont à l’étude. On peut par exemple citer l’idée d’une conserverie locale, d’une cantine solidaire, d’une recyclerie, d’une trucothèque, ou d’un service de consigne du verre. Le financement et le lancement de ce dispositif est le signe que la notoriété et la crédibilité de Kèpos ont considérablement cru en l’espace d’un an.

Enfin, le dernier chantier était de faire identifier Kèpos comme un prestataire crédible de formation et de conseil sur les questions de transition écologique des organisations. Des progrès ont été faits sur ce point, mais le processus est loin d’être achevé. Ainsi, une première formation sur le thème « Comprendre les enjeux et initier sa transition écologique » a été faite auprès d’un hôtel 4* de la région parisienne, permettant de passer au révélateur les intuitions de Kèpos en matière de sensibilisation et de formation. Cette séance d’une journée a permis de trouver la bonne formule pour faire prendre conscience à des dirigeants des enjeux énergie-climat et biodiversité, afin de susciter l’envie d’agir à l’échelle d’une entreprise. Aujourd’hui, des devis pour des interventions analogues sont en cours. Mais il est bien clair que la réforme à venir de la formation professionnelle va considérablement complexifier les choses pour un acteur comme Kèpos. Dans le même temps, de premières prestations de conseil ont commencé à être menées, avec plutôt de bons retours. La démarche est toujours la même : faire mettre la transition écologique à l’agenda des entreprises et des territoires. Car c’est là une manière d’anticiper des risques, de répondre à des attentes sociales, d’impliquer ses collaborateurs ou encore d’exercer sa responsabilité sociétale.

Perspectives 2020

L’épidémie de Covid-19 qui sévit depuis quelques semaines en France et en Europe, et ses conséquences, sont un facteur de fragilisation très fort pour le projet que nous portons. Mais c’est en même temps un révélateur des lignes de faille contemporaines que nous avons collectivement repérées depuis longtemps, en particulier sur ce blog. En ce sens, cette crise sanitaire nous invite à renforcer nos actions, pour les porter de manière beaucoup plus engagée. Car notre credo réside dans la relocalisation des flux, la simplicité technologique, la sobriété énergétique, la décélération drastique du rythme des échanges, la réallocation des ressources vers les vrais besoins, et ce manière plus inclusive et égalitaire. Pour cela, nous agirons en trois directions : le renforcement de nos fonds propres, pour financer notre changement d’échelle ; l’adaptation de nos offres, pour les rendre plus ambitieuses et plus globale ; l’accentuation de notre effort de communication, car nous devons, avec d’autres, gagner la bataille des idées sur la nécessité absolue de la transition écologique.

La crise actuelle est un avertissement : c’est le moment de rentrer en transition, tous et complètement. Il n’y aura pas de deuxième chance : continuer à agir as usual signifiera une chute globale certaine, beaucoup plus violente que cette épidémie.

L’épidémie de Covid-19 à l’heure de l’anthropocène

La crise actuelle du Covid-19 emprunte un itinéraire déjà maintes fois parcouru par l’humanité dans son histoire : celui d’une épidémie. Sans doute, nous, modernes, étions certains d’échapper à ce genre de calamité. Les seules épidémies auxquelles nous pensions être sujets n’étaient pas infectieuses : tabagisme, cancer, diabète, dépression, obésité, addictions… Les grandes épidémies infectieuses étaient le propre de temps lointains, et pour tout dire, moyenâgeux. La preuve, nous avions réussi à juguler les dernières crises naissantes (SRAS, grippe H1N1…). Quant au Sida, il est sorti de notre perspective.

Et pourtant, toutes les prospectives un peu sérieuses savaient que ce genre de risque était latent, et, sa concrétisation, pour tout dire, inévitable. Sous l’effet de trois facteurs conjugués : la démographie galopante, l’augmentation exponentielle des flux, et le rapport vicié avec le monde animal. Sur la démographie, force est constater que le monde est, aujourd’hui, plein, et que l’homme y pullule telle une espèce invasive. De même que la concentration de personnes dans un bateau de croisière favorise les maladies sous l’effet de la promiscuité générale, de même, le concentration d’humains sur la planète transforme l’espèce humaine en un gigantesque bouillon de culture. Dans le même temps, l’explosion des flux de marchandises et de personnes offre les conditions pour une propagation inarrêtable de maladies, et ce tant dans la sphère végétale qu’animale ou humaine. Un groupe d’individus est malade, et c’est comme si toute l’espèce était bientôt malade. Enfin, la crise sanitaire est née d’un rapport déviant à la sphère animale : destruction des habitats naturels, immixtion de la présence humaine dans le monde sauvage, et explosion de l’élevage, avec des animaux tous identiques et immunodéficients concentrées dans des conditions sanitaires déplorables, créent les conditions imparables de l’émergence de nouvelles maladies. En ce sens, ce n’est pas un hasard que le SARS-Cov-2 soit apparu en Chine. Avec l’Asie du Sud-Est, c’est la région du monde où ce type de problèmes se manifeste de la manière la plus aiguë.

Finalement, le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité ou l’épidémie de Covid-19 sont bien nés des mêmes facteurs : un rapport complètement vicié au monde naturel. Et comme le souligne fréquemment Bruno Latour, celui réagit à nos actions : cette épidémie est finalement comme un retour du refoulé.

Comment dès lors analyser la manière dont nos sociétés y répondent ? Ce qui est frappant, c’est l’incapacité à se saisir d’un problème d’ampleur systémique, et non pas paramétrique. Nous sommes typiquement dans la configuration du Cygne Noir, dont nous avons déjà parlé, théorisé par Nassim Nicholas Taleb : un événement aux conséquences incalculables que notre cerveau et notre manière de connaître ne sont pas capables de voir venir. En France, les polémiques sur la disponibilité des masques, des respirateurs artificiels ou des personnels soignants le montrent : nos sociétés ne sont pas aptes à surinvestir en période calme pour anticiper des événements d’ampleur exceptionnelle dont nous savons pourtant qu’ils arriveront tôt ou tard. C’est le cas en matière sanitaire, mais aussi bien pour les forces armées, la prévention des inondations ou encore le risque nucléaire. Quelle que soit l’incapacité de tel ou tel gouvernement, il est très difficile, pour l’homme tel qu’il est et l’économie telle qu’elle est organisée, d’anticiper et de préparer à son juste niveau une crise d’ampleur systémique. Ceci nécessite un effort de planification et de surinvestissement qu’il est très peu aisé de maintenir dans la durée. Parallèlement, il est tout à fait possible de diminuer les facteurs de risques, en l’occurrence ici, en décomplexifiant et en ralentissant la marche du monde. Ou pour le réchauffement climatique, en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre.

Dès lors, ce qui transparaît dans cette gestion de crise, c’est la performance supérieure des économies fortement industrielles, qui peuvent produire pour elles-mêmes les équipements dont elles ont besoin au plus fort de la crise (masques, respirateurs…). Quoi qu’il en soit du niveau initial du stock d’équipements, celui-ci s’épuise très vite s’il ne peut être renouvelé par la mobilisation de l’industrie domestique. Or, les pays qui s’en sortent le mieux sont des pays très industriels comme la Corée du Sud ou l’Allemagne. Les pays du Sud, aux économies plus tertiarisées et touristiques, sont en déroute (Italie, Espagne, France…). La force est dans le local.

L’autre élément saillant de la gestion de la crise sanitaire, c’est une sorte de prime aux régimes autoritaires ou à la réduction démocratique. Si la Chine a pu faire en sorte que, selon les chiffres officiels, l’épidémie ne tue que 3000 personnes pour une population de plus d’un milliard d’individus, c’est précisément parce qu’elle a pu lui imposer une contrainte exceptionnelle et implacable. Et dans les démocraties, l’issue n’a généralement été trouvée que via un affaiblissement très fort des libertés individuelles. Il va en ressortir un très fort affaiblissement des démocraties. Et dans notre pays, celui-ci est d’autant plus vif que la défiance vis à vis de l’État tend à se généraliser. Chacun est devenu professeur de santé publique, et donne son avis et ses prescriptions. Le travail de sape des réseaux sociaux contre l’État comme incarnation de la volonté générale est dévastateur. A coup sûr, l’épidémie de Covid-19 va œuvrer à accentuer cette trajectoire divergente dont nous avons déjà parlé, entre d’un côté un État qui se raidit, et de l’autre des populations qui explosent. Et, ceci dans un contexte géopolitique où l’influence américaine va ressortir grandement amoindrie, et celle chinoise considérablement renforcée. Il n’est qu’à voir les appels au secours de l’Italie envers la Chine. Quant à l’Union Européenne, elle risque tout simplement de perdre pied.

Cette secousse est la première d’une telle brutalité dans le contexte de l’anthropocène. Elle est systémique et soudaine, et dessine notre avenir. Les cartes sont rebattues. Il est à prévoir une très forte perte de cohésion de nos sociétés et du monde, et un appauvrissement généralisé, dans un contexte économique particulièrement vulnérable. Dans ce cadre, nous voulons faire le pari, avec Kèpos, d’une simplification des échanges, en faveur du local, du sobre et du low tech. C’est la position que nous allons avancer. Mais à voir la voracité avec laquelle les français se jettent sur la sociabilité numérique pour compenser le confinement, nous pouvons douter que ce soit la proposition dominante. Mais nous y mettrons toute notre énergie.

Image : Danse macabre de la Chaise-Dieu.

Revue de projets #16 : EcoPlacement au service de l’habitat durable

Yohan Blanche est l’initiateur d’EcoPlacement, une solution d’épargne immobilière qui vise à rendre possible l’éco-rénovation du parc locatif privé. Il nous présente l’intérêt d’une telle démarche pour démocratiser l’habitat durable.

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Yohan Blanche. J’ai 31 ans pour quelques jours encore et papa d’une petite de fille de 4 ans. Je suis également reconnu travailleur handicapé depuis 2012 du fait d’un handicap dit « invisible ». Depuis une douzaine d’années, je me suis impliqué en tant que porteur de projet, créateur d’entreprises ou d’associations, ou encore salarié dans plusieurs domaines de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) qui couvrent tous les âges de la vie. Au fur et à mesure des années, des valeurs fortes se sont ancrées en moi, et m’ont amené à repousser avec force les injustices et le non-sens. Aujourd’hui, il est vital, à mon sens, d’affronter les problèmes que rencontre notre société, parce que « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » : urgence climatique, réduction de notre consommation énergétique, fracture entre les générations, mise en marge de la société des plus fragiles, sentiment de déclassement social…

Quelle est l’histoire d’EcoPlacement ?

EcoPlacement est une histoire commune. C’est l’histoire de deux expériences de vie, celles de Patrick Henry et moi-même, qui ont convergé vers cette belle idée. Tout commence par un constat réalisé au sein de l’association Un Toit Partagé : l’absence d’offre immobilière adaptée à la colocation entre « seniors ». C’est là que l’idée commence : comment créer une offre immobilière qui réponde aux attentes des 55 ans et plus et qui s’inscrit dans nos valeurs ? Ce que l’on savait, c’est qu’il fallait un ou plusieurs logements de colocation de 2 personnes, dans un immeuble à taille humaine, à proximité des services, accessible, adapté, et dont le coût soit accessible au plus grand nombre. Et à cela, nous nous sommes ajoutés des contraintes supplémentaires : pas d’expansion urbaine, sauvegarder le patrimoine existant, une très haute performance énergétique de l’habitat, une réduction de son impact carbone ou encore un budget logement moins élevé que le marché local. Il nous a fallu près de 5 années pour développer un modèle qui fasse consensus.

Quels sont selon vous les grands enjeux de la transition écologique en matière d’habitat ?

À mon sens, deux enjeux prédominent. Le premier enjeu se résume en une phrase de Thierry Salomon : « L’énergie la plus propre est celle que l’on évite de consommer ». Alors quand je vois que l’on peut obtenir des subventions pour changer de chaudière sans avoir réalisé, au préalable, des travaux d’éco-rénovation, ou encore que la laine de verre, dont les propriétés thermiques sont valables 10 ans, est subventionnée lors de travaux d’éco-rénovation, je me dis qu’on est encore loin de réussir cette transition. Il serait temps de développer une vision à long terme de la transition écologique de l’habitat.

Le second enjeu est la transition énergétique du parc résidentiel locatif. En effet, les propriétaires occupants ont accès à de nombreuses subventions, en comparaison des propriétaires bailleurs. Entre le surcoût des prix de l’immobilier et le montant des travaux à charge, l’équation est impossible. Pourtant, ce sont les plus fragiles qui en font les frais : les locataires.

Quel est le concept que vous proposez avec EcoPlacement ?

EcoPlacement a pour volonté de développer une offre nouvelle d’habitat locatif durable, intergénérationnel et à budget logement accessible. Un habitat éco-rénové avec des matériaux biosourcés, et où se mêlent toutes les générations : seniors, actifs et étudiants, à l’image des structures familiales d’avant-guerre.

Pour créer cet habitat, EcoPlacement offre deux types de placements :

  • Un placement patrimonial à terme : Éco Patrimoine
  • Un placement de rente : Éco Rente

Pour proposer ces placements, EcoPlacement utilise le mécanisme du démembrement de propriété temporaire.

Quel est l’intérêt de ce type de montage pour l’investisseur ?

Pour ce qui concerne l’usage du démembrement, et contrairement à beaucoup d’opérations de ce type, nous nous basons sur les valeurs du marché local et non sur une surévaluation. Le mécanisme du démembrement de propriété temporaire, 12 à 15 ans, permet de spécialiser l’attente d’un placement immobilier :

  • Se constituer un patrimoine qui correspond à la nue-propriété.
  • Se constituer un cash-flow qui correspond à l’usufruit.

La valeur des placements sont proportionnels à la valeur totale future du bien :

  • 60% pour la nue-propriété, ce qui permet de voir son patrimoine se valoriser automatiquement grâce à la décote appliquée
  • 40% pour l’usufruit, ce qui permet de booster le rendement par un investissement moindre

Pouvez-nous parler de votre première opération ?

Encore un peu de patience et nous pourrons communiquer sur la première opération 😊. Un petit indice : elle se fera dans un département à l’est de la Meurthe-et-Moselle !

Merci !

Dans le même ordre d’idée vous consulterez avec profit notre article à propos de Clairlieu Eco-défi, une initiative originale qui imagine des solutions au service de la rénovation du parc privé de propriétaires occupants dans le quartier de Clairlieu, à Villers-lès-Nancy.

La forêt : état des lieux et avenir

Kèpos recevait Maxence Arnould, doctorant à l’INRAE, qui travaille sur la gestion du morcellement de la forêt privée française, et Georges Pottecher, président de Forestys. Retour sur les échanges tenus à cette occasion.

Que planter aujourd’hui ?

Cette société nouvellement créée est un bureau d’études qui a pour mission d’apporter des informations pour accompagner les sylviculteurs. Tout part du constat de la vitesse de déplacement des aires climatiques en France. Celle-ci est de 10 à 15 km par an. Or, un arbre vit en moyenne 100 ans. Il en résulte qu’au moment où l’on abat un arbre, il faut le replanter 1000 km plus loin. Ceci fait qu’en un siècle, le climat méditerranéen sera généralisé sur toute la France, et les sapins des Vosges vont devoir aller voir ailleurs. Les forestiers voient donc les problèmes de ce type qui s’accentuent. Dans le même temps, les crises sanitaires s’accélèrent, à l’exemple de la propagation des scolytes. Le gestionnaire se demande donc ce qu’il doit planter. Celui-ci, en temps normal, se base sur son capital d’expérience. Mais cela est, en ce cas, inutile : le changement climatique va plus vite que la croissance des arbres. La situation d’aujourd’hui est caractérisée par le fait que la vente du bois de paye plus les coûts de gestion de la forêt.

Dans ce contexte, le métier de Forestys consiste à voir ce qui pousse et ce qui crève aujourd’hui. Pour cela, la société s’appuie sur une base de données de l’inventaire forestier national, en utilisant des méthodes de traitement développées par AgroParisTech, dont l’usage a fait l’objet d’une convention avec Forestys. Les clients pour l’instant sont les grandes forêts privées. Pour mémoire, la forêt française fait 16 millions d’hectares, dont 12 millions de forêt privée. Forestys donne des informations, mais fait très attention à ne pas prescrire.

La société fait partie du projet « Des Hommes et des Arbres ». Celui-ci, lancé à l’initiative du Grand Nancy, vise à ce que la Métropole ait un impact positif sur les territoires alentours. Ceci vise à créer un cadre pour valoriser les services écosystémiques rendus par la forêt. Cela peut par exemple concerner la construction, la santé ou les loisirs. La Caisse des Dépôts et Consignation a choisi ce projet dans le cadre de l’appel à projets « Territoire d’innovation ». Il a été très bien évalué, mais les financements sont inférieurs à ce qui était attendu, du fait d’un nombre de lauréats plus importants que prévus.

Le morcellement de la forêt privée

Maxence Arnould réalise sa thèse à l’INRAE, en partenariat avec AgroParisTech et l’ENSGSI. Son travail part du constat que les 12 millions d’hectares de forêt privées en France appartiennent à 3,5 millions de propriétaires. Le seuil entre petits propriétaires et propriétaires plus importants est fixé à 25 ha. La moitié de la forêt privée française est le fait de petits propriétaires. Il est d’ailleurs très fréquent que les propriétaires de ce type ne sachent même pas qu’ils le sont. Pour traiter ces difficultés, le travail de thèse de Maxence Arnould vise à tester la méthode du living lab, une démarche de co-création multi-acteurs, où chacun d’entre eux vaut 1. AgroParisTech est en train de monter le premier living lab forestier au monde. Parmi les acteurs concernés figurent par exemple les notaires qui gèrent la question des successions. Dans les villages, cette méthode revient à inclure les citoyens dans la gestion.

La grand morcellement de la forêt française s’explique par plusieurs facteurs. On peut citer par exemple le partage d’une partie des terres au moment de la Révolution française. Le remembrement n’a pas été possible sur ce type de propriété. En outre, la politique forestière et ses outils sont relativement pauvres. On rencontre ainsi dans les cadastres des propriétaires nés en 1800 ! Les coûts sont énormes pour gérer cette situation. Dans ce contexte, le fait que les acteurs s’intéressent à la forêt est un enjeu de Des Hommes et des Arbres.

Une des problématiques clés pour ce type de propriétaires est de les inciter à renouveler leur forêt. Cette question du renouvellement est très liée à la question du gibier, qui dégrade les jeunes pousses. Il existe par exemple des protections mécaniques des jeunes plants, mais qui restent après sur place, et sont autant de déchets. Des protections chimiques sont aussi possibles. Tout cela coûte très cher et illustre les difficultés de rentabilité de l’activité forestière.

La valorisation des services écosystémiques

La valorisation de la forêt s’appuie usuellement sur la production du bois et la chasse. Mais comment aller plus loin pour rentabiliser les services écosystémiques de la forêt ? Quel est le modèle économique possible ? Des pistes sont explorées autour de la certification, en y faisant rentrer ces services écosystémiques. Mais la certification forestière (avec par exemple les labels PEFC, FSC, etc.) n’est pas dans une bonne dynamique en ce moment, avec une hausse des surfaces qui ralentit. Des labels « bas carbones » pourraient émerger, afin de rémunérer les propriétaires pour le stockage du carbone que leur forêt opère.

En zone rurale, on assiste aujourd’hui à une forte dévastation des haies et des lisières de forêt. Ailleurs, faute d’entretien, des parcelles crèvent sur elles-mêmes. La compensation carbone pourrait donc être une piste pour améliorer la situation. Les entreprises achèteraient du stockage de carbone, en replantant, en transformant le taillis en futaie, ou en boisant une friche. Ce sont là des cas très spécifiques, et du point de vue de la lutte contre le changement climatique, la compensation carbone fait plutôt partie du problème que de la solution : elle devient souvent pour une entreprise un moyen de ne pas entrer dans une logique de sobriété. En outre, un jeune arbre ne stocke que peu de carbone. On peut aussi se demander si ce type de programme est suivi, évalué ? Quoiqu’il en soit, les jeunes arbres meurent beaucoup : dans la sylviculture traditionnelle, on compte 50 survivants pour 1000 arbres plantés.

Les usages de la forêt

La thématique agroforestière devient de plus en plus prégnante. Certains techniciens de chambre s’y intéressent fortement, ce qui n’est pas le cas du CRPF (Centre Régional de la Propriété Forestière) ou des coopératives et exploitants forestiers. De nombreuses pistes sont à explorer : par exemple la pâturage de moutons dans des vergers, ou encore des synergies entre la chasse, le tourisme et l’apiculture. En Meurthe-et-Moselle, des expérimentations sont en cours dans le réseau des Fermes vertes. Les arbres ont ceci d’intéressant en agriculture qu’ils permettent de garder l’humidité sur la parcelle, et qu’ils favorisent la qualité agronomique des sols. Ceci est très lié à la question de l’agriculture biologique. On en parle de plus en plus en école d’agronomie. Cela est d’autant plus porteur que nombre d’agriculteurs s’inquiètent de la dégradation de leurs sols, et ils payent énormément, sous la forme de produits phytosanitaires, pour pallier à cette difficulté. Ils sont sur ces sujets pris dans des injonctions contradictoires très fortes.

La biodiversité devient une question clé de la gestion forestière. Les friches ne sont d’ailleurs pas les zones avec la plus forte biodiversité. Une gestion minimum peut être préférable à l’absence complète de gestion, où le risque est fort en ce cas que des espèces hégémoniques s’installent. Tout ceci pose la question de notre rapport au sauvage et à la singularité. Quel doit être le rôle de l’intervention humaine ? Redevenir une forêt primaire est très long (plusieurs siècles) : il ne suffit pas pour cela de laisser un terrain en friche.

Le bois énergie n’est généralement pas issus de forêts gérées durablement, sauf pour la valorisation des branches et des restes. Cela revient à poser la question de savoir si le bois énergie est durable. Les approvisionnements ne sont en outre pas forcément sécurisés. Ce type d’usage implique des rotations plus rapides. Il est parfois difficile de trouver du bois d’œuvre pas trop cher si un énergéticien est passé avant. Il est également important de ne pas empiéter sur les surfaces agricoles pour cela (tout comme pour la méthanisation). Le bois énergie est en revanche très intéressant après concassage des dépôts en déchetteries ou des déchets de l’industrie. Et il n’y a pas de rentabilité pour le bois énergie sur les petites parcelles.

L’avenir de l’Office National des Forêts (ONF) est un sujet qui revient souvent dans l’actualité. On peut faire le parallèle avec ce qu’il en était de l’assistance à maîtrise d’ouvrage proposée par les Directions Départementales de l’Équipement (DDE) et les Directions Départementales de l’Agriculture (DDA) aux petites communes il y a quelques années. Il en est résulté une dégradation de la compétence d’acheteur de ces communes. Il y a eu une perte de savoir-faire, sans compensation par le secteur privé, l’activité étant difficilement rentable. Plus globalement, les politiques actuelles cherchent à articuler public et privé, mais cela reste très compliqué au niveau local. Mais on est encore très loin d’une privatisation de l’ONF. On observe cela étant une perte de confiance et un mécontentement des petites communes envers l’ONF.

L’avenir

Quelle est la situation de la forêt en Grand Est ? Celle-ci est dégradée : les épicéas sont très attaqués, certains hêtres sèchent par la cyme (deux bûcherons ont été tués récemment du fait de la chute d’arbres morts), les chênes résistent mieux. Les chenilles, qui aiment la chaleur, se développent de manière significative : elles peuvent, en plusieurs années, tuer des chênes. Elles sont en outre très urticantes, ce qui gène les activités de loisirs. Les espèces de basse température voient leur aires diminuer, et sont remplacées, beaucoup moins vite, par les espèces de haute température. Sur la longue durée, la déprise agricole a fait que les sols ont été colonisés par la forêt depuis le XIX siècle. La superficie de la forêt française en a été doublée. La situation tend à s’équilibrer aujourd’hui. Par ailleurs, le feu est un des périls actuels . Jusque dans les années 2000, le risque feu était très limité dans le Grand Est. Sous l’effet du changement climatique, ce risque sera, en 2050, équivalent à ce qu’il est en zone méditerranéenne. Pour information, le feu unitaire avec la surface le plus étendue en France a été, en 2019, situé dans le Jura.

Quel est l’avenir de la forêt ? Il faudrait qu’un travail de coopération tel celui de Kèpos puisse être mené. La situation devient en effet très compliquée, du fait d’une gestion de plus en plus difficile. Il va donc falloir un consensus très important pour aller au delà de ces difficultés. Le collaboratif est donc essentiel, pour arriver à une action concertée entre acteurs dans et hors de la filière.