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Revue de projets #18 : Ophélie Benito et la collection Mollis

Ophélie Benito est une jeune designer, conceptrice de la Collection Mollis, une gamme d’objets enveloppants dédiée au soin. Membre de Kèpos, elle nous expose sa vision du design comme étant au service des hommes et des territoires.

Qui êtes-vous ?

Je suis Ophélie Benito. Je suis designer de formation et ce qui m’anime, c’est de pouvoir mettre ma créativité et mes compétences au service de l’humain pour améliorer son quotidien. Par ailleurs, le fait de développer des solutions en circuit court et avec des matériaux naturels du territoire est un enjeu important dans chacun de mes projets.

Je suis, depuis 2017, créatrice de la Collection Mollis, une gamme d’objets enveloppants et apaisants composés en majeure partie de laine de mouton biologique de lorraine. Diplômée en design de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et de Design (ENSAD) de Nancy, j’ai également un master de design global spécialisé dans les procédés de fabrication et les matériaux. Ces deux formations, ainsi que les stages que j’ai pu effectuer, notamment chez MateriO à Paris, m’ont permis d’apprendre à créer et fabriquer des projets qui remettent l’utilisateur au centre des réflexions, ainsi qu’à engager les ressources les plus adaptées, dans des conceptions durables et respectueuses de l’environnement.

Comment en êtes-vous arrivée à imaginer la Collection Mollis ?

La Collection Mollis est née d’une réflexion qui a débuté lors d’un atelier étudiant collectif nommé « Care », centré sur l’éthique dans les lieux de soin. À cette occasion, j’ai visité un institut médico -éducatif qui accueillait des enfants atteints de troubles du spectre autistique, et ai observé leur quotidien dans l’établissement. J’ai découvert, dans ces lieux de vie et de soin souvent froids et aseptisés, un réel besoin de soutien et de solutions humanisantes pour les professionnels et les habitants.

Les enfants entraient régulièrement en crise liées à divers facteurs, aggravés par un environnement anxiogène. Toutes les solutions qui leurs étaient proposées étaient curatives et souvent situées dans des salles accessibles uniquement sur rendez-vous. Ainsi a débuté, avec les soignants, une réflexion sur la création de solutions préventives plus accessibles et plus résilientes pour réhumaniser ces lieux d’accueil, au sein desquels les matières naturelles sont absentes et manquent. Avec les premières recherches et les premiers essais en équipe, j’ai réalisé que l’enveloppement et la compression apaisait efficacement ces bénéficiaires. Puis, j’ai recherché les ressources humaines et matérielles du territoire à même de répondre à ces problématiques. C’est en rencontrant la Filière laines ainsi que différentes entreprises locales et chantiers de réinsertion professionnelle que les objets ont vu le jour. La découverte des qualités techniques et sensorielles de la laine de mouton a été déterminante pour la naissance du projet, c’est sur ces caractéristiques que s’appuie aujourd’hui la Collection Mollis.

Qu’est-ce que propose la Collection Mollis, et à qui s’adresse-t-elle ?

La Collection Mollis est une gamme d’objets « mous », enveloppants, doux et lourds, qui tendent à améliorer la qualité de vie de personnes fragiles par un accompagnement physique et psychique grâce à des ressources locales et naturelles telle que la laine de mouton. Envelopper avec ou sans compression, entourer le corps et l’humain pour apaiser par une étreinte contrôlée, tels sont les modes de fonctionnement des coussins et supports de la Collection Mollis. Chaque objet est conçu pour s’adapter à toutes les postures et pour être utilisé seul ou avec les autres solutions de la gamme.

Elle s’adresse en tout premier lieu aux personnes fragiles vivant ou étant de passage dans des lieux d’accueil du secteur médico-social (MAS, IME, EHPAD), mais également au grand public. En effet, au fil du développement du projet, j’ai remarqué que les solutions low tech que je met en place ont un impact positif sur la santé et le quotidien de personnes en perte d’autonomie ou avec des particularités, mais intéressent aussi beaucoup le grand public et peuvent l’accompagner au quotidien.

La Collection Mollis existe également pour s’adapter aux besoins spécifiques. C’est pourquoi je suis en capacité de proposer des prestations de design d’espace ou d’objets, ainsi que des animations, afin d’adapter un lieu à recevoir les solutions de la Collection, ou d’adapter les objets à des besoins très précis.

Tous vos matériaux sont bio-sourcés et produits en local : quel est l’intérêt d’une telle démarche ?

La démarche de faire appel à des ressources humaines et matérielles locales a été la mienne pour plusieurs raisons. La première réside tout simplement dans mes convictions. La Collection Mollis a pour fondation la notion de Care (éthique du soin). Ne pas prendre soin des humains et du territoire dans mon développement aurait été contraire à l’éthique du projet. Aussi, je crois au fait que tout créateur de produit, peu importe sa visée, doit, et cela fait partie de son travail de recherche et développement, penser à la durabilité, au choix des matériaux les plus adaptés et les plus accessibles, ainsi qu’à l’impact environnemental de sa solution. Cela fait partie du travail de création.

J’ai utilisé la laine, le blé et le textile de coton des Vosges, non pas uniquement pour faire avec les ressources naturelles du territoire, mais également parce qu’elles correspondaient à ce que je voulais développer, même s’il faut garder à l’esprit que certains matériaux d’origine naturelle peuvent parfois avoir une durabilité et un impact carbone plus négatifs que d’autres ressources.

L’intérêt de cette démarche est à la fois de créer de l’activité locale pour soutenir l’économie, mais également de valoriser ou revaloriser des ressources qui sont souvent méconnues ou sous exploitées sur le territoire. Pour ma part, la connaissance de la Filière laines et du fait qu’il y a encore 5 ans, 99% des dizaines de tonnes de laine de mouton produites dans la région étaient considérés comme des déchets ou vendues à des grossistes à des prix dérisoires pour être exportés en Asie m’a beaucoup touchée. Découvrir la Filière laines et toutes les démarches éthiques mises en place dans la Grande Région a fini de me convaincre d’utiliser ce matériau qui avait déjà les qualités techniques recherchées.

Pour finir, le contact humain direct avec ses fournisseurs et ses fabricants me semble primordial pour développer une solution maîtrisée. Le circuit court est alors, en plus de son faible impact carbone, le meilleur choix.

Comment voyez-vous le rôle du design dans la conduite des transformations de modes de vie et de production impliquées par la transition écologique ?

Les designers d’aujourd’hui sont formés pour repenser les modes de vie et ont toujours été créateurs de nouvelles façons de faire ou de voir les choses. Ils peuvent instiguer le changement. Ce métier a d’ailleurs pour objectif de trouver des solutions, des facilitations et des transformations autour des humains en observant tout un écosystème. Or, si l’on observe les écosystèmes pour trouver des solutions, il me semble difficile de faire ce métier sans être impliqué dans la transition écologique, cela me parait presque obligatoire.

De mon point de vue, les designers ont donc un rôle important à jouer dans la transition écologique puisqu’ils sont à la fois à même de créer de nouvelles solutions pensées pour les humains et dans un environnement, mais également parce que le design est là pour améliorer l’existant. Faire avec l’existant permet de prolonger la durée de vie des objets, des matières et des espaces, ce qui à mon sens est un enjeu primordial. Comme je le disais auparavant, le choix des matériaux, des méthodes et des fabricants fait partie du travail du designer, qui, s’il les maîtrise, peut avoir un rôle important dans la conduite des changements des modes de vie et de production. Je pense enfin que les designers peuvent jouer un rôle important dans la transition en sensibilisant leurs clients, qui peuvent être des grands groupes ou des collectivités. Ils se transforment alors en vecteurs de changements à grande échelle.

Quelles sont les perspectives pour vous et la Collection Mollis ?

Pour moi et pour la Collection Mollis, l’avenir se préfigure entre vente d’objets, prestations de design d’objets, d’espaces et d’éléments graphiques au service du mieux vivre et pour tous. J’envisage un nouveau statut et d’ouvrir une entreprise pour faire changer d’échelle la Collection, afin de pouvoir la proposer plus largement au grand public, aux professionnels et dans les lieux de soin. Cette étape débutera dès la rentrée scolaire, bien que je sois déjà à même d’entamer des opérations dès aujourd’hui. La certification en dispositif médical est également une perspective d’avenir importante pour la Collection, afin d’améliorer son accessibilité.

J’aimerais par ailleurs faire évoluer la Collection Mollis pour la rendre encore plus accessible, l’étoffer et développer de nouveaux produits dédiés à de nouveaux usages ou à des publics précis tels que les mamans et leur bébés. Les solutions créées seront toujours pensées au plus proche des futurs utilisateurs, pour être utiles, flexibles et pour durer au sein de l’habitat.

Merci !

Regards sur l’agriculture

L’agriculture est une question clé de la transition écologique. C’est dans cet esprit que le groupe d’entreprises membres de Kèpos a consacré une de ses réunions à ce thème, en invitant Gautier Vallence, ingénieur ENSAIA et agriculteur à Goviller, et Franck Magot, ingénieur ENSAIA lui aussi, et gérant des Fermiers d’ici, pour mieux comprendre les problématiques en jeu. Retour sur les principaux éléments qui sont sortis de cette discussion, en particulier sur l’élevage.

L’élevage

La première question abordée est celle de l’élevage, et notamment des impacts respectifs des élevages bovins, porcins, ovins et de volailles. Le première différence qui apparaît est la différence entre l’élevage porcin et de volailles, qui est souvent hors sol, sans lien avec le territoire et semi-industriel, avec celui bovin ou ovin, qui est le fait de petites exploitations familiales. A noter qu’en Lorraine, l’ovin est particulièrement adapté. Le mouton se sort bien des périodes de sécheresse. En revanche, la valorisation de ses co-produits (la laine en particulier) ne doit pas être idéalisée : tondre des moutons est une activité très éprouvante, qui ne peut être mécanisée, derrière laquelle il est peu envisageable de mettre en place de véritables filières.

La situation la plus équilibrée en élevage est un élevage ovin et bovin extensif sur prairies en Bio. Cela permet de valoriser des surfaces en herbe avec de la biodiversité et du stockage de carbone. Les porcins et la volaille sont en revanche physiologiquement faits pour manger des céréales, ce qui implique un usage des terres intensif pour de la culture, avec des risques de pertes de biodiversité et d’épuisement des sols. Il n’en reste pas moins que, dans le cadre de la transition écologique, il faut passer d’une consommation de viande de 80 kg par personne et par an, à une consommation de 20 kg annuel, selon l’étude Tyfa. Le Bio est pour cela essentiel : l’élevage extensif Bio émet moitié moins de Gaz à Effet de Serre (GES) que de l’intensif conventionnel. En matière d’alimentation et d’agriculture, il faut donc toujours penser en système. Par exemple, un client d’Amap consomme souvent également moins en volume.

Le Bio peut-il permettre de nourrir tout le monde ? Une telle question ne permet pas de voir le véritable enjeu, qui est celui du gaspillage alimentaire. Plus globalement, il faut chercher à actionner plusieurs leviers : élevage/culture, la combinaison des différents type d’élevages, le Bio et le conventionnel, le gaspillage ou non, l’intensif ou l’extensif, etc. Le porc est par exemple très gourmand en ressources. Ainsi, de la viande de porc Bio élevé en extérieur se vend 35 € le kilo de saucisson. L’idéal serait donc de diminuer le porcin et la volaille, pour libérer des espaces de culture des céréales dédiés à leur alimentation, pour faire à la place des protéines végétales pour l’homme et des prairies pour de l’élevage extensif Bio.

Ces dernières années, on a pu constater un découragement des éleveurs. Nombreux sont ceux qui ont transformé leurs terres en culture. Parallèlement à cela, la consommation de viande a cru pendant 60 ans, pour arriver à un pic il y a 10 ans. Mais qu’il s’agisse d’élevage ou d’agriculture, les meilleurs systèmes sont ceux diversifiés, même à l’échelle de la ferme, avec plusieurs ateliers. Au niveau global, pour qu’un système agricole fonctionne, il faut à la fois culture et élevage. Les régions les plus exposées aux pesticides sont celles avec uniquement des cultures pérennes (la vigne) ou non pérennes (les céréales). Notons enfin que les rendements agricoles sont en train de stagner ou de diminuer. Dans le même temps, les populations de pollinisateurs, essentiels à l’activité agricole, sont en train de décroître fortement.

Les exploitations agricoles en France

La taille des exploitations agricoles varie fortement selon les régions. En Lorraine, elle est en moyenne de 130 ha, contre une soixantaine au niveau national en 2016. Il y a un mouvement de concentration des exploitations, dans un contexte où la Surface Agricole Utile (SAU) est en diminution. On dénombre 437000 fermes en 2016, soit une baisse de 11 % depuis 2010. Le coût moyen de l’installation en Lorraine est de 350000 € la part. Les aides de la PAC, dans le type de fermes lorraines présenté, représentent à peu près 10 % du chiffres d’affaires, et jusqu’à 100 % du salaire de l’agriculteur. Il y a donc une vrai dépendance. Et ce d’autant plus qu’à l’heure actuelle, un agriculteur sur trois n’a pas de revenus.

Qu’est-ce qui va faire qu’un agriculteur va se sortir un revenu ? C’est d’abord la qualité des clients qui est essentielle, puis viennent la qualité de la gestion, et l’environnement familial et patrimonial. Parmi les sources de revenus, la vente directe ne représente que 15 % au niveau national. Celle-ci rajoute en outre beaucoup de travail de transformation et de commercialisation, qui n’est pas forcément complètement rémunéré. La meilleure situation conjugue une majorité des produits commercialisés en circuits longs, et une minorité en circuits courts mutualisés.

Sur toutes ces questions, la responsabilité des consommateurs est très importante. Il est donc nécessaire de se réinterroger sur le prix que chacun est prêt à payer pour sa nourriture. Dans ce contexte, certains agriculteurs peuvent connaître une fuite en avant dans l’endettement, bien aidés en cela par un système organisé avec des acteurs qui y ont intérêt. On parle donc bien d’une responsabilité partagée.

Un circuit court est un circuit de distribution avec un seul intermédiaire. Il peut donc y avoir des circuits courts longue distance. Dès lors, qu’entend-t-on par « local » ? Ce terme doit faire porter l’attention sur l‘agriculteur du territoire. Sur ce sujet, il faut savoir que la région nancéienne est l’un de France avec la plus faible autonomie alimentaire. Cela est paradoxal alors que la pratique de la polyculture élevage devrait permettre d’éviter ce phénomène : il y a tout ce qu’il faut en local.

Quel est l’intérêt de l’agriculture urbaine ? Les volumes produits sont très faibles, et la concurrence pour les sols est très intenses. Mais il s’agit à coup sûr d’un moyen pertinent pour sensibiliser les urbains au vivant. Cela est d’autant plus intéressant que les agriculteurs sont généralement très maladroits dans leur communication. Ceux-ci vivent clairement un mal-être, qui est très multi-factoriel. En même temps, ce malaise est présent partout dans la société.

Le foncier

A l’heure actuelle, l’équivalent d’un département de SAU disparaît tous les 7 ans du fait de l’artificialisation des terres. C’est là que se joue la relation entre l’urbanisation et l’agriculture. L’impact pour l’agriculteur est différent selon le type de projets : vente ou expropriation. Les endroits les plus touchés sont les terres fertiles autour des villes. 50 % de ces espaces partent pour de l’habitat individuel.

L’accès au foncier agricole est, en France, régulé par la SAFER. Il n’en reste pas moins que l’installation, pour un jeune agriculteur, peut tantôt être facile, tantôt être très difficile. Un autre aspect à prendre en compte est le fait que cet accès au foncier se fasse dans ou hors du cadre familial. La SAFER peut en outre être contournée par certaines sociétés étrangères.

En Lorraine, le prix de l’hectare se négocie entre 3000 et 8000 € en polyculture élevage. Pour mémoire, en Champagne, on est à 1 millions € l’hectare. Généralement, l’agriculteur veut garder son foncier, mais ça devient compliqué quand on lui propose 30 fois plus pour faire du terrain à bâtir. Dans ce contexte, il est essentiel de réguler l’héritage pour que le foncier reste transmissible à terme. En effet, les transmissions sont difficile à gérer dans les cas de fratries, où il ne faut pas léser ceux qui ne reprennent pas la terre. En outre, il faudrait toujours que l’agriculteur puisse rentabiliser son foncier par son travail, ce qui n’est pas toujours possible vu le montant du capital investi.

Revue de projets #13 : Energéthic

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) Energéthic a pour mission le développement des énergies renouvelables en Grand Est. Son dirigeant, Dominique Isler, nous présente son activité et ses projets.

Pouvez-vous nous présenter la SCIC Energéthic ?

Energéthic est une coopérative créée par des entrepreneurs qui souhaitent promouvoir les énergies renouvelables sur le territoire lorrain, et la région Grand Est.

Pourquoi avoir créé cette activité sous la forme d’une SCIC ?

Ce statut permet de regrouper les collectivités, la population, et tous les acteurs d’un territoire dans un pacte d’associés, afin de se donner colectivement les moyens de développer les Energies renouvelables (ENR) sur nos territoires. En bref, rassembler les ressources de tous les acteurs d’un territoire au service des ENR.

Vous installez votre première centrale photovoltaïque. Pouvez-vous nous présenter cette opération ?

C’est une centrale photovoltaïque de 36 kWc (KiloWatt crête), qui va produire 34 500 kWh (Kilowatt heure), soit l’équivalence de la consommation annuelle de 12 pavillons. Nous installons les panneaux sur la toiture du foyer rural de la commune de Lelling. Nous avons signé une convention d’occupation de la toiture sur 30 ans à titre gratuit. La commune de Lelling nous rejoint au capital et co-développe le projet avec nous.

Quel est l’intérêt d’ouvrir le financement d’une telle opération au grand public ?

Il y a un double intérêt :

  • Une finance circulaire par laquelle le financement par la population permet le développement économique des projets et la création d’emplois, ce qui entraîne création de valeur et redistribution des bénéfices au bénéfice de la population.
  • Le programme Climaxion, porté par la Région Grand Est et l’ADEME, subventionne des projets coopératifs de ce type.

Quel est le rôle des énergies renouvelables dans la transition énergétique ?

Il y a deux impératifs :

  • L’absolu nécessité de réduire nos émissions de carbone : les ENR ont un bilan carbone non nul, mais bien meilleur que les énergies fossiles .
  • La baisse des ressources en énergies fossiles : les ENR sont renouvelables par définition, les techniques maîtrisées, et il n’y a donc pas de pénurie à prévoir.

Quelles sont les limites des énergies renouvelables, en particulier du solaire photovoltaïque, dans la perspective de la transition énergétique (intermittence, recyclage…) ?

L’intermittence est un sujet qui pose encore un problème. Il n’y pas encore de solution de stockage suffisamment fiables et peu coûteuses en fabrication. C’est pourquoi nous ne vendons pas du rêve en promettant une indépendance énergétique à 100 %. Nous proposons plutôt une mixité des énergies, afin de réduire immédiatement les émissions de CO2. Les clients se protègent également de la monté des prix de l’énergie, car ils ont acquis une part d’ENR dont le prix n’augmentera pas dans le temps. Nous arrivons en fonction de la sobriété des bâtiments jusqu’à 80 % d’autonomie avec les énergies solaires.

Pour le recyclage, la filière s’organise, car la ressources commencent à devenir intéressante pour un industriel. Il n’y pas de problème technique, mais les premiers panneaux arrivent seulement maintenant en fin de vie. Le rendement de production est aujourd’hui garanti 25 ans pour des panneaux de qualité, avec une durée de production d’énergie autour de 40 ans.

Intervenez-vous également sur la question de la sobriété énergétique, des économies d’énergie ?

La bataille des émissions de CO2 se gagnera si on arrive à maîtriser nos consommations énergétiques. Pour maîtriser il faut les connaître précisément, et non pas seulement savoir sa consommation annuelle. Nous installons du comptage low tech afin de détailler le type de consommations (éclairage, chauffage, ventilation, équipements ménagers ou industriels, etc.. ) afin de vérifier la bonne utilisation de l’énergie, et donner les connaissances aux clients, pour qu’ils chassent le gaspillage énergétique et deviennent acteurs de la transition. Ces comptages sont adaptés pour l’habitation, les copropriétés, les bâtiments publics, les bureaux, les commerces et jusqu’à l’industrie.

Quels sont vos projets de développement ?

Ils sont de trois ordres :

  • Développer un outil de création d’alertes automatiques de surconsommation, qui arriveront chez le client et nos services de comptage, afin de pouvoir intervenir immédiatement.
  • Développer les centrales de production citoyenne. Nous avons gagné un appel d’offre de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) pour une centrale photovoltaïque sur un hangar agricole de 1100 m² en Moselle. Nous le financerons avec les citoyens et les collectivités au premier semestre 2020. Et nous avons des projets d’achat d’éoliennes, et de co-développement d’usine de méthanisation. Nous souhaitons en plus de nos prestations d’installations, et de conseils, développer deux centrales de productions ENR par an.
  • Nous engendrons beaucoup trop de déchets lors de nos travaux d’installations. Nous souhaitons mettre en place avec nos fournisseurs pour la fin de l’année 2020 un programme de réduction et/ou de valorisation de nos déchets

Merci !

Revue de projets #11 : Sol & Co

Anne Blanchart, docteure spécialiste des sciences du sol et de l’urbanisme, est sur le point de lancer un cabinet de conseil, nommé Sol & Co, qui vise à faire intégrer la question de la préservation des sols et de leur biodiversité dans les politiques d’aménagement du territoire. Elle nous présente sa démarche.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai obtenu mon baccalauréat scientifique option Sciences de la Vie et de la Terre en 2008. Ensuite, j’ai effectué une première année de classe préparatoire aux grandes écoles spécialité Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre puis me suis réorientée dans un cursus universitaire dès l’année suivante. En 2012 j’ai ainsi obtenu une Licence de Génie Géologique et Génie Civil, décernée par la faculté de Bordeaux 1. Passionnée par l’aménagement du territoire, j’ai choisi de réorienter mon cursus universitaire en suivant un Master en Urbanisme, spécialité Villes Durables, à l’Institut Français de l’Urbanisme à Champs-sur-Marne. Suite à ce parcours universitaire, j’avais pour ambition de travailler au sein d’un bureau d’études de conseil en environnement pour l’aménagement du territoire. J’ai ainsi occupé un poste de chargée de mission au sein d’un bureau de paysage pendant un an. En 2015, j’ai postulé à une thèse interdisciplinaire sur le sujet des sols et de l’aménagement du territoire, proposé par l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (Ademe) et la Région Grand Est (anciennement Région Lorraine). J’ai eu la chance d’effectuer ce travail de doctorat de 2015 à 2018 au sein du Laboratoire Sols et Environnement (Université de Lorraine – Inra) et de l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (Aix-Marseille Université). Ce travail de recherche interdisciplinaire m’a permis de conjuguer les intérêts que je portais pour le domaine des sciences du sol et de l’urbanisme, me permettant logiquement de faire le lien entre ma Licence, mon Master et mon expérience professionnelle dans l’aménagement du territoire.

Vous créez un cabinet conseil sur la question des sols : quelle en sera la mission ?

Effectivement, peu de temps après avoir débuté mes travaux de recherche en doctorat, j’ai très vite perçu l’intérêt sur le marché que pourrait présenter un cabinet de conseil sur la question du fonctionnement et de la qualité des sols en milieu urbain, dans le but d’aiguiller les prises de décisions des professionnels de l’aménagement du territoire quant à l’usage à donner aux sols des villes de demain, qui se veulent durables et résilientes. Depuis quelques mois maintenant, je porte un projet de création d’une entreprise spécialisée sur la thématique des sols et de leur biodiversité en milieu urbain. Ce projet est actuellement en incubation (Incubateur Lorrain, Pôle entrepreneuriat étudiant de Lorraine) et devrait voir le jour courant juin 2019.

La philosophie de l’entreprise est intimement liée à la transition écologique et aux respects des valeurs durables et de protection des ressources naturelles lors de l’aménagement d’un territoire. Le message principal est le suivant : les sols sont des systèmes en trois dimensions (volume) et dynamiques (vivants) qu’il faut veiller à préserver compte tenu des bienfaits qu’ils sont aptes à fournir pour le bien-être des habitants mais également pour les réponses qu’ils apportent à un nombre élevé d’enjeux environnementaux. Par exemple, les sols, y compris en milieu urbain, et si leur usage est compatible avec leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques, sont aptes à participer à la régulation des inondations (infiltration de l’eau), du changement climatique (stockage de carbone) ou encore de la biodiversité (les sols urbains sont un formidable réservoir de biodiversité !).

Concrètement, quelles en seront les activités ?

L’entreprise sera spécialisée sur l’intégration de la qualité des sols et de leur biodiversité dans la définition de leurs usages en milieu urbain. Plus précisément, il est convenu que l’entreprise propose trois prestations :

  • Une prestation de conseil auprès des collectivités territoriales, élus, et professionnels de l’aménagement du territoire : grâce à des interventions sur des sites de projets urbains, l’entreprise sera en mesure de développer un plan d’échantillonnage représentatif de l’hétérogénéité des sols en place, d’ouvrir des fosses pédologiques, de décrire et d’échantillonner des profils de sols, de réaliser des analyses biologiques, physiques et chimiques sur les échantillons prélevés et de donner en retour des recommandations aux acteurs de l’aménagement quant à l’usage optimal que peut accueillir le sol sans avoir à l’amender fortement ou bien également quant à la manière dont le sol doit être travaillé pour fournir ses bienfaits sur le long terme. Cette prestation peut s’adapter à un public de particuliers, souhaitant recueillir des informations sur le fonctionnement et la qualité des sols de jardins ;
  • Une prestation de formation auprès des agents de collectivités territoriales, d’associations ou encore d’acteurs de l’aménagement du territoire (aménageur, bureaux d’études, agences d’urbanisme et de paysage) : à travers des ateliers de formation d’une durée adaptée, des informations et compétences pourront être données quant au fonctionnement et aux besoins (paillage, amendements, tonte, etc.) des sols urbains (jardins, parcs, pieds d’arbres, espaces verts, etc.) en fonction de leurs caractéristiques biologiques, physiques et chimiques. Des formations seront également proposées quant à la manière dont il est possible de travailler les sols en place pour qu’ils répondent aux besoins des sociétés humaines, tout en préservant voire améliorant leurs caractéristiques biologiques, physiques et chimiques ;
  • Une prestation d’animation et de médiation scientifique à l’attention du grand public en général, mais également des acteurs de l’aménagement et des élus : conférences, tenues de stand et animations de « sciences participatives ». Ces évènements contribueront à l’accompagnement et plus fortement à l’implication des citoyens, des professionnels et des élus dans la préservation des sols et de leur biodiversité. Ils participeront également à lutter contre l’isolement de certaines populations du territoire en situation de défaveur sociale et offriront un accompagnement à l’éducation des plus jeunes -la biodiversité étant aujourd’hui une thématique intégrée dans leur programme scolaire. Par exemple, plusieurs ateliers pourront être proposés : évaluer la qualité physique de son sol (texture, structure, infiltration de l’eau) ou bien connaitre la biodiversité qui se cache sous son sol (prélever et analyser les différents organismes qui vivent dans son sol selon le protocole de Jardibiodiv). Ces ateliers permettront d’une part la sensibilisation du citoyen à une thématique particulière ainsi que l’élargissement de ses connaissances, mais également à l’apport d’informations à la recherche pour compléter notamment les bases de données issues des sols urbains, qui comportent encore aujourd’hui trop peu de données pour établir des référentiels robustes.

Votre activité a un très fort ancrage scientifique. Pouvez-vous nous préciser selon quelles modalités ?

Ce projet de création d’entreprise est dès le départ en fort lien avec le monde de la recherche scientifique. L’idée même de la création de cette entreprise provient de mon travail de recherche effectué au cours du doctorat, ainsi que de celui de Quentin Vincent, effectué également au cours de son doctorat mené au sein de l’Université de Lorraine. Pour renforcer ce lien, il est à noter que l’entreprise bénéficie de l’appui scientifique de trois enseignants chercheurs issus du Laboratoire Sols et Environnement et de l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (Aix-Marseille Université). Cet ancrage avec le monde de la recherche scientifique permet aujourd’hui au projet de bénéficier d’un accompagnement de l’Incubateur Lorrain (Université de Lorraine).

De cette manière, l’entreprise continuera de garder durablement un fort lien avec le Laboratoire Sols et Environnement. Cela permettra d’une part de reverser l’intégralité des données (sous accord du client) au Laboratoire et donc à la recherche, afin d’alimenter les bases de données nationales sur les sols urbains et la biodiversité ; et d’autre part de permettre à l’entreprise de disposer d’un atout incontestable sur le marché, celui de proposer des méthodologies et technologies sans cesse innovantes, issues des avancées directes de la recherche en sciences du sol et en urbanisme.

Pourquoi la question des sols est-elle cruciale dans la perspective de la transition écologique ?

Les sols sont une ressource naturelle non renouvelable. Ce sont des systèmes hétérogènes certes, mais vivants et offrant de nombreuses réponses aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain : ils sont capables d’infiltrer l’eau, de produire de la biomasse à vocation alimentaire et d’être un formidable lieu d’habitat pour une riche biodiversité. Puisque les sols rendent un panel de bienfaits aux sociétés humaines… pourquoi ne pas en prendre soin à notre tour ?

Aujourd’hui, l’eau et l’air disposent de mesures réglementaires qui permettent leur « protection » sur le territoire national. Ce n’est actuellement pas le cas des sols. Si leurs paramètres géotechniques et leur niveau de pollution doivent être pris en compte pour le développement d’un projet urbain, la considération des sols s’arrête là dans l’aménagement du territoire. Prendre en compte les caractéristiques biologiques, physiques et chimiques des sols urbains dans la définition de leurs usages permettrait alors d’optimiser les bienfaits qu’ils peuvent effectivement rendre (en mettant le bon usage sur le bon sol) et donc d’optimiser les réponses que ces systèmes naturels apportent aux enjeux environnementaux et plus largement durables. De la même manière, adapter l’usage aux sols et non plus l’inverse permettra de réaliser une économie de gestion de cette ressource lors de la phase chantier (limitation des apports de terres issues des milieux plus naturels) mais également sur le long terme (gestion des espaces verts notamment).

Quels sont les enjeux en matière de préservation des sols urbains ?

Ils sont nombreux ! Il est essentiel de se rendre compte que les sols urbains ne sont pas des systèmes illimités et que c’est une ressource dont la qualité tend peu à peu à s’affaiblir. Le besoin de construction de nos villes et la protection accrue réservée aux sols agricoles et forestiers, jugés plus naturels, font que les sols des villes se trouvent de plus en plus malmenés. Et pourtant, un sol en ville peut tout à fait être fertile, à l’instar, voire plus, qu’un sol agricole. Cela dépend de son histoire et de la constitution de la roche mère. Puisque les sols sont une ressource non renouvelable, il s’avère essentiel aujourd’hui de les protéger et de limiter la dégradation de leur qualité. Pour cela, il faut prendre conscience qu’un sol, y compris urbain, fonctionne bien et sur le long terme à condition que l’usage qui lui est réservé soit adapté à ses caractéristiques biologiques, physiques et chimiques.

Compte tenu du fait qu’il n’existe pas encore aujourd’hui de réglementation sur la prise en compte de la qualité des sols dans la définition de leurs usages, l’enjeu primordial est de sensibiliser les élus et décideurs sur cette thématique, afin de pouvoir tendre, un jour, à l’élaboration d’un cadre national sur la protection des « sols », au même titre que l’eau et l’air.

Le deuxième enjeu principal est l’accompagnement des acteurs de l’aménagement à la prise en compte de la qualité des sols. En effet, ces acteurs ne sont pas des professionnels des sciences du sol et il est donc essentiel que la recherche, mais également des entreprises de conseils, se développent pour œuvrer à la constitution d’outils d’aide à la décision permettant de faciliter l’intégration de cette nouvelle information dans les processus de décision qui guident le développement d’un projet urbain ou encore la rédaction d’un document d’urbanisme.

Enfin, un troisième enjeu principal qui pourrait être énuméré est la sensibilisation du grand public en général, notamment sur des thématiques en lien avec la santé, telle que par exemple l’alimentation. A l’heure du « boom » des jardins partagés et familiaux, il serait nécessaire avant tout aménagement d’un potager à l’arrière de nos jardins, que des analyses de sols soient fournies par la collectivité ou soient effectuées, afin de s’assurer de la non présence de polluants dans les sols qui pourraient se retrouver dans les parties aériennes de la biomasse cultivée et consommée par les citadins.

Pouvez-vous nous citer quelques bonnes pratiques de gestion des sols urbains ?

Les bonnes pratiques de gestion des sols urbains sont intrinsèquement liées à la composition même du sol urbain, à son fonctionnement et à son usage. Je dirai donc qu’il y a autant de bonnes pratiques de gestion qu’il n’y a de sols en milieu urbain !

Le message principal à retenir serait selon moi le fait que les sols ne sont pas seulement des supports sur lesquels nous pouvons vivre, mais sont également des systèmes en trois dimensions qui participent à notre survie. En milieu urbain, les sols sont hétérogènes et pour garantir leur bon fonctionnement, leur protection mais également la qualité des bienfaits qu’ils sont aptes à fournir, il apparait nécessaire de réaliser de manière systématique des évaluations de leurs propriétés biologiques, physiques et chimiques avant d’en déterminer leurs usages.

 Merci et à bientôt

La transition écologique comme projet de territoire

Pour un territoire, la transition écologique ne peut pas juste donner lieu à des ajustements  paramètriques des politiques publiques. Au contraire, une redéfinition systémique de ces mêmes politiques est indispensable. Cela implique un renouvellement radical des termes du débat. Les questions à poser pourraient être les suivantes :

  • Quelle politique de mobilité doit être mise en place à l’heure de la descente énergétique ?
  • Quelle politique d’aménagement sont souhaitables dans un contexte d’effondrement de la biodiversité ?
  • Quelle politique foncière définir alors que les sols sont en train de s’épuiser à vitesse accélérée ?
  • Quelle politique d’habitat promouvoir alors que les scenarii de transition énergétique impliquent une diminution de 50% de la demande d’énergie ?
  • Quel développement économique mettre en œuvre, alors que la limitation du réchauffement climatique vient radicalement interroger les logiques de développement qui ont prévalu ces 200 dernières années ?
  • Comment refaire de la politique ensemble à l’échelle d’un territoire alors que les choix qui doivent être faits sont les plus engageants que l’humanité ait jamais été mise en demeure de faire ?

On le voit, les enjeux sont majeurs et les risques de perte de cohésion sociale ou économique sont très importants pour un territoire. Il est donc essentiel de sortir de la gestion “as usual” et d’enrichir le questionnement politique. Or, la transition écologique concerne l’ensemble des politiques publiques mises en œuvre sur un territoire. En ce sens, elle ne relève pas d’un enfermement sectoriel, mais est éminemment transversale. Elle met en premier la notion de cohérence : ne pas effacer les gains réalisés quelque part à travers d’autres décisions connexes.

Dès lors, quelle pourraient être les méthodologies à mettre en œuvre pour faire de la transition écologique le projet majeur et structurant d’un territoire ?  En première approche, on pourrait imaginer le process suivant :

  • La mise en perspective des tendances à l’œuvre, internes ou externes, sur le territoire : ce travail prospectif doit aller au-delà du simple diagnostic de territoire. Il en modifie les enjeux en resituant la trajectoire territoriale dans un contexte systémique bien plus vaste (énergétique, écologique, économique, social, géopolitique…).
  • La définition du projet de territoire : la transition écologique est d’abord un projet de territoire qui nécessite un partage des enjeux systémiques qui se posent à toute communauté humaine, une mise en récit d’un futur désirable dans un contexte en plein bouleversement, et la définition d’objectifs partagés à la fois très ambitieux, réalistes et rassembleurs. C’est là où s’incarne la volonté politique qui impulse une démarche de transition.
  • La mise en route démocratique de la transition écologique. Celle-ci implique, pour un territoire et ses acteurs, de savoir refaire société pour décider ensemble d’une transformation complète et globale. En ce sens, la simple consultation des citoyens est insuffisante : il importe de mettre en œuvre une véritable démocratie de construction et de contribution. Il s’agit certes là d’un processus au long cours, mais indispensable pour que la transition soit véritablement inclusive.
  • L’élaboration des politiques sectorielles (urbanisme, développement économique, habitat, mobilité, cohésion sociale…). Les principes de la transition doivent irriguer l’ensemble de ces décisions. Ces politiques doivent pouvoir faire système, en gagnant en cohérence, et relever d’une véritable ambition transformatrice, et pas seulement de simple choix gestionnaires.

Sur tous ces aspects, la démarche consisterait à faire dialoguer les spécificités territoriales avec les grands enjeux systémiques. L’objectif est que chaque territoire puisse s’adapter à des conditions de vie en changement rapide et proposer à ses habitants et forces vives un cadre humain et soutenable à la construction duquel ils puissent contribuer. Car quelque part, il s’agit de tout changer totalement !